jeudi, 27 mars 2008

La CFDT hostile à l'allongement de la durée de cotisation à 41 ans

A la veille des rencontres sur les retraites entre le ministre du travail, Xavier Bertrand et les représentants des syndicats et des organisations patronales, jeudi 27 mars, la CFDT a réaffirmé, mardi, son opposition à l'allongement de la durée de cotisation de 40 à 41 ans. Mais cette hostilité, partagée par les autres syndicats, sera sans effet.

Selon la loi Fillon de 2003, cette durée sera augmentée d'un an, à raison d'un trimestre par année, à partir de 2009. Sauf si, précise la loi, "au regard des évolutions" du taux d'activité des personnes de plus de 50 ans, de "la situation financière des régimes de retraite, de la situation de l'emploi" et de "l'examen des paramètres de financement des régimes de retraite", le contexte est modifié.

La CFDT, qui a pourtant soutenu la réforme de 2003 - ce qui lui valut une grave crise -, considère que les conditions ne sont pas réunies pour un allongement. "Passer à 41 ans ne produira aucun effet, si l'on considère le taux actuel d'emploi des seniors", affirme son secrétaire national, Jean-Louis Malys. Le taux d'emploi des seniors reste l'un des plus faibles de l'Union européenne (37,8 %), 4,7 points en dessous de la moyenne. Et l'âge de cessation d'activité n'a pas bougé depuis 2003, soit 58,5 ans.

Cette faiblesse, pointée par le Conseil d'orientation des retraites, ne fera pourtant pas fléchir le gouvernement. Dans L'Express, François Fillon annonce que sa "loi s'appliquera". Il se montre néanmoins plus réservé sur la possibilité de passer l'âge légal de départ à la retraite à 61 ans, voire plus, comme le réclame avec insistance le Medef. "Si les partenaires sociaux posent cette question, nous en débattrons", déclare M. Fillon.

Les syndicats, CFDT comprise, sont très hostiles à une modification de l'âge légal actuel de 60 ans. "Quand on sait que moins de 40 % des salariés arrivent à l'âge de la retraite en étant encore au travail, toute augmentation serait une mesure injuste ne visant qu'à abaisser le niveau des pensions", fait valoir M. Malys. L'opposition des syndicats ne se traduira pas pour autant par une initiative unitaire. Samedi 29 mars, la CGT, la FSU et Solidaires devraient manifester seules sur la question des retraites. "La CFDT sera peut-être aussi amenée à mobiliser, annonce M. Malys, mais sur ses objectifs. Le passif de 2003 est encore lourd entre les syndicats."

Rémi Barroux

Article paru dans l'édition du Monde du 27.03.08.