jeudi, 08 avril 2010

NON au décret sur les crèches, La CFDT Lyon mobilise...

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8 avril2010 LYON 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Crèches en grève : « on n’est pas des cages à poules »

SOCIAL - « Pas de bébé à la consigne », « Les enfants ne sont pas des sardines », « Non aux modes de garde low-cost »… De nombreux professionnels de la petite enfance scanderont aujourd’hui encore ces slogans imagés lors d’une journée nationale d’action et de grève qui devrait être largement suivie à Lyon. De nombreuses crèches lyonnaises ont prévu de rester fermées aujourd’hui pour protester contre les modifications d'un décret gouvernemental sur les modes d’accueil collectif. « Depuis plusieurs années, la grande braderie de la qualité d’accueil des jeunes enfants bat son plein » dénoncent les professionnels de la petite enfance qui manifestent ce matin, à Lyon comme partout en France.

 

« On sera sans doute à 60% de grévistes, l’un des plus forts taux de mobilisation des personnels de crèches » prévoit Yves Fournel, adjoint au maire de Lyon en charge de l’éducation et de la petite enfance. Aujourd’hui, pour la 3e fois en deux mois, le collectif « pas de bébé à la consigne » qui fédère de nombreuses associations et syndicats de professionnels de la petite enfance, appelle à une journée d’action et de grève. A Lyon, une manifestation est prévue à 10h, place des Terreaux. Beaucoup de directrices de crèches, éducateurs de jeunes enfants ou puéricultrices y seront, pour protester contre un projet de décret du gouvernement qui constitue, selon eux, un « inquiétant retour en arrière ». Deux dispositions de ce texte sont particulièrement décriées.

Le taux d’encadrement par les professionnels les plus qualifiés passerait de 50 à 40%, au profit de titulaires d’un CAP petite enfance ou BEP sanitaire et social. Or « les éducateurs de jeunes enfants ont une approche plus approfondie de la psychologie et du développement de l’enfant. Nous avons une formation qui nous permet de travailler sur de véritables projets socio-éducatifs » estime une éducatrice de jeunes enfants. A la différence des formations "de base", centrées sur l’hygiène et le soin. « C’est comme si on considérait que la petite enfance n’était qu’un problème de garde. Non, c’est un problème d’éducation ! » assure Yves Fournel, qui se dit « complètement solidaire » de ce mouvement.

Autre crainte : le taux d’accueil en surnombre des jeunes enfants serait porté de 110 à 120% pour les structures de plus de 40 berceaux. Ce qui signifie qu’une crèche prévue pour 60 enfants pourrait en accueillir 72, « de façon exceptionnelle et ponctuelle » précise le décret. Mais dans les faits, les professionnels constatent que l’exception est souvent « régulière » : chaque adulte s’occupe alors de plus de 5 bébés ou 8 jeunes enfants, comme le prévoit le taux d’encadrement normal. « Il y a des seuils de tolérance ; avec un adulte pour dix enfants en âge de marcher, il y a forcément des débordements » témoigne une éducatrice qui estime qu’on réduit alors « l’espace vital » des enfants et la qualité de leur accueil. 

« En augmentant la proportion de personnels moins qualifiés et le nombre d’enfants accueillis, il pourrait y avoir une sacrée baisse de la qualité d’accueil » estime une directrice de crèche à la Croix-Rousse, pour qui les équilibres sont très fragiles. Il suffit parfois d’un adulte en moins, pour qu’une situation de stress, d’irritabilité accrus soient perceptibles par les enfants. « On a peur de devenir un poulailler où on va ranger les enfants dans des cages à poules, les nourrir et les changer. Quelle disponibilité aurons-nous pour être attentifs aux enfants dans leur individualité et pour créer du lien avec les familles ? » s’inquiète-t-elle. « On se bat pour garder une qualité d’accueil avec une qualité d’encadrement » résume une éducatrice. 

Mais l’inquiétude des personnels de la petite enfance - et des parents, de plus en plus concernés - déborde largement le seul projet de décret gouvernemental. Beaucoup se mobilisent parce qu’ils estiment  faire les frais de « tout un processus politique qui met à bas l’ensemble du service public socio-éducatif ». La mobilisation s’organise, et pas seulement par la contestation. Des associations, syndicats, collectivités locales, mouvements pédagogiques se réunissent pour « imaginer une véritable politique publique de l’Education ». Cela se passe notamment dans le cadre des assises nationales de l’Education qui sont coordonnées par le réseau français des villes éducatrices présidé par la Ville de Lyon.

Anne-Caroline JAMBAUD Libération

mercredi, 31 mars 2010

Action dans les crèches 8 avril 2010

S73R0840.JPGMerci aux nombreux parents, accompagnés de leurs enfants, à pied ou dans les  poussettes, sont venus ce samedi matin, malgré  un ciel gris et menaçant, soutenir l'action des professionnels des structures d'accueil de jeunes enfants.

A peine, étions nous partis de la place des Terreaux, pour rejoindre la place Bellecour que le vent mêlé à une pluie printanière sont venus nous chatouiller le nez !

Mais pas découragés, nous avons manifesté bruyamment et joyeusement, tous ensembles ;  parents, enfants, professionnels des structures associatives et municipales.

Nous n'étions pas mille et cent mais plutôt une bonne centaine, (120 selon la police), mais ce fut une chouette manif !

Encore bravo à touts les courageux qui sont venus ce samedi 27 mars 2010, clamer leur opposition à un projet de décret injuste.

Cette manifestation est la suite de l'action entamée, le jeudi 11 mars, qui a été une journée de mobilisation générale sur toute le France.

A l'issue de la manifestation parisienne, une délégation, a été reçue à Matignon par une Conseillère technique du Premier Ministre en charge des finances locales.

La délégation a porté le mécontentement de tous les professionnels de la petite enfance. Elle a la demandé le retrait du décret, modifiant la capacité d'accueil des structures.

Elle a dénoncé ce texte qui officialise l'expérimentation des jardins d'éveil sans pour autant en définir les normes d'encadrement.

Elle a dit non à la réduction de 60 à 30 heures de la formation initiale des Assistantes maternelles         , l'augmentation du nombre d'enfants accueillis pouvant être de 4 et le projet d'autoriser les regroupements  d'Assistantes maternelles au domicile de l'une d'entre elle, au mépris des règles de sécurité, d'hygiène et de responsabilité.

Elle a plaidé la mise en œuvre d'un véritable plan de formation des professionnelles de la petite enfance et elle a dénoncé la supercherie du « plan métiers de la petite enfance » porté en fin d'année 2008.

Ce décret déqualifie les métiers essentiellement féminins et c'est là une drôle de  conception de la promotion professionnelle réservée aux femmes à l'heure où le gouvernement se targue d'œuvrer pour la parité hommes/femmes !

 

La délégation s'oppose à voir inclure le secteur de la petite enfance dans le champ concurrentiel, au nom de la transposition en droit français de la directive relative aux services dans le marché intérieur, (dite directive de service, anciennement Bolkestein).

Ce serait la porte ouverte à de nouvelles déréglementations et un risque de remise en cause des subventions publiques aux établissements.

Pour toute réponse, la Conseillère technique a répondu qu'elle ferait part au gouvernement du contenu des revendications....mais nous a toutefois indiqué que le projet de décret serait bientôt soumis au Conseil d'Etat !

 

Rendez-vous est pris pour

le JEUDI 8 AVRIL 2010,

Mobilisation Nationale