jeudi, 20 novembre 2008
Les juges prud'homaux ne peuvent plus sièger..

Face à un décret inapplicable, inacceptable et
inéquitable, les conseillers prud’hommes salariés de la
section AD ont décidé l’arrêt total de leur activité
prud’homale.
Face aux difficultés majeures rencontrées dans la non application du
décret, la section AD s’est réunie en assemblée générale en présence
d’un greffier le 19 novembre 2008.
Un débat sans tabou, animé, et contradictoire s’est instauré pendant
environ 1h 30 autour de notre principal objectif : Comment préserver
l’efficacité de la juridiction au bénéfice du seul justiciable, quand on
sait que le décret nous impose, entre autre, de rédiger en seulement 3h
éventuellement 5, un jugement.
Chacun a pu s’exprimer:
depuis ceux, qui, par principe refusent le décret
jusqu’à ceux qui étaient prêts à faire du « bricolage » avec le décret,
en passant par ceux qui ont expliqué l’impossibilité pour eux de le
mettre en application (non prise en compte des interruptions entre
deux activités juridictionnelles, temps de trajet etc.)
Ou ceux qui s’inquiètent de la réaction de leur employeur face au
refus de l’administration de les indemniser à hauteur des heures
réellement effectuées.
Toutes les situations décrites ont été passées en revue. Toutes les
conséquences et leur impact ont été discutés et évalués.
Le constat a été fait que la situation individuelle du conseiller salarié
est très diverse: retraités, permanents syndicaux, salariés d’une grosse
entreprise, salariés d’une PME, privés d’emploi.
Dès lors, les conséquences de la non application du décret ne place pas
l’ensemble des conseillers sur un pied d’égalité.
L’idée de l’arrêt total de notre activité prud’homale s’est donc vite
imposée comme seul moyen d’exprimer l’impossibilité d’appliquer un
tel décret, tout en limitant les risques encourus par certains face à leur
employeur. Notre responsabilité sera collective et notre défense le sera
aussi.
Trois modes d’action ont émergé du débat:
1. Arrêt total de l’activité prud’homale
2. Application du décrêt en utilisant toutes ses failles
3. Non application du décrêt
Un vote à bulletin secret a été organisé:
Sur 25 conseillers salariés que compte la section , 17 étaient présents , 8
étaient excusés;
Sur les 17 votants, le résultat est le suivant:
- 12 pour l’arrêt total
- 5 pour l’application du décret
- 0 pour la non application du décret;
A la suite de ce vote, un débat s’est à nouveau instauré autour des
modalités de la décision prise: tous les conseillers présents ont dit leur
volonté d’appliquer l’arrêt total de l’activité prud’homale, même ceux
qui n’avaient pas voté pour.
A compter du 21 novembre, un tract sera distribué aux justiciables qui
se présenteront le vendredi, pour leur expliquer les raisons pour
lesquelles les audiences ne pourront pas se tenir.
Nous sommes conscients du fait que nombre d’entre vous partage l’idée
qu’une riposte s’impose rapidement.
Il serait souhaitable que nous ne soyons pas les seuls à réagir.
Ce décret est inapplicable, inacceptable et inéquitable
le tract:
PAS D’AUDIENCE AUJOURD’HUI: POURQUOI?
LES JUGES PRUD’HOMMES SALARIES DES ACTIVITES
DIVERSES ONT DECIDE DE NE PAS TENIR D’AUDIENCE POUR
PROTESTER CONTRE UN DECRET GOUVERNEMENTAL QUI LES
PLACERA DANS L’IMPOSSIBILITE DE VOUS RENDRE UNE
DECISION DE QUALITE BIEN ARGUMENTEE.
SANS ENTRER DANS LE DETAIL DU DECRET, IL NOUS SUFFIT
DE VOUS DIRE QUE DESORMAIS NOUS N’AURONS PLUS QUE 3
VOIRE 5 HEURES MAXIMUM POUR REDIGER LA DECISION QUE
VOUS ATTENDEZ, ALORS QU’EN REALITE IL NOUS EN FAUT
ENTRE 8 ET 12 HEURES.
DE MEME, LE TEMPS D’ETUDE DE VOTRE DOSSIER EST
LIMITE A 1H30. OR L’EXAMEN ATTENTIF DE TOUTES VOS
PIECES EST DETERMINANT POUR JUGER VALABLEMENT DU
BIEN FONDE DE VOS DEMANDES.
1H30, C’EST VRAIMENT SE MOQUER DU JUSTICIABLE QUE
VOUS ETES.
NON CONTENTS DE SUPPRIMER PLUS DE 60 CONSEILS DE
PRUD’HOMMES, LE GOUVERNEMENT A DECIDE DE TOUT
METTRE EN OEUVRE POUR SABOTER LE TRAVAIL DES JUGES
PRUD’HOMMES ET AU DELA, DE S’ATTAQUER A UNE
JURIDICTION UNIQUE, LES PRUD’HOMMES, QUE NOUS
ENVIENT NOMBRE DE SALARIES DES PAYS VOISINS.
PRENDRE LA DECISION DE NE PAS TENIR LES AUDIENCES, N’A
PAS ETE EVIDENT POUR NOUS, CAR NOUS SAVONS DANS
QUELLE SITUATION VOUS VOUS TROUVEZ.
MAIS IL FALLAIT QUE NOUS LE FASSIONS SI NOUS VOULONS
CONTINUER A VOUS RENDRE UNE JUSTICE EFFICACE ET DE
QUALITE.
Lyon, le 19 novembre 2008
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15:49 Publié dans Actualité Lyon | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : cph, cfdt, décret, prud'homme







Commentaires
Vous ne manquez pas d'air
vous avez signé le décret
Écrit par : letour | jeudi, 18 décembre 2008
Désolé Letour mais un syndicat n'a jamais signé un décret ! en plus à Lyon section activité diverses nous sommes en grève tous syndicats confondus
Écrit par : phil | jeudi, 18 décembre 2008
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