mardi, 02 septembre 2008

La CFDT dénonce une remise en cause des retraites anticipées

Les retraites sont revalorisées de 0,8 % à partir de lundi 1er septembre, soit une hausse de 1,9 % pour l'ensemble de l'année. Cette augmentation, qui est loin de compenser le niveau de l'inflation évalué à 3,6 % pour les douze derniers mois, devrait relancer la polémique sur le pouvoir d'achat des plus modestes. Selon un sondage CSA réalisé le 27 août auprès de 1 007 personnes et publié lundi dans Le Parisien, cette préoccupation reste prioritaire pour les Français (51 %), devant la santé (35 %) et la garantie des retraites (30 %).

L'avenir du système des retraites a été relancé subrepticement au cours de l'été par la mise en oeuvre anticipée de l'allongement de la durée de cotisations. Alors que le gouvernement envisage toujours de faire passer de quarante à quarante-et-un ans le nombre d'années nécessaires pour bénéficier d'une retraite à taux plein, cette disposition sera appliquée dès le 1er janvier 2009 pour les bénéficiaires des carrières longues, ces salariés de 56 ans susceptibles de partir à la retraite parce qu'ils ont commencé à travailler avant 17 ans.

Dans un communiqué publié le 27 août, la CFDT a "dénoncé vigoureusement les nouvelles dispositions" et demandé au gouvernement "de respecter ses engagements de 2003". Pour la centrale de François Chérèque, qui multiplie les mises en garde à l'occasion de la rentrée, cette mesure reste le principal acquis social de la réforme contestée des retraites de 2003. En 2007, 116 600 personnes en ont bénéficié après 210 000 au cours des deux années précédentes. Le coût de cette disposition continue de peser sur le déficit de la branche retraites, qui a atteint 4,6 milliards d'euros en 2007.

"INJUSTE"

Dans une lettre adressée le 7 juillet aux dirigeants des caisses de retraite, le directeur de la Sécurité sociale précise que la durée minimale pour bénéficier de la retraite anticipée "est égale à la durée d'assurance requise pour une retraite à taux plein majorée de huit trimestres". Autrement dit, la durée de cotisation augmente d'un trimestre par an et un salarié né en 1952 qui a prévu de partir en 2009 est ainsi contraint d'avoir effectué 172 trimestres, soit 43 ans d'activité, alors que pour les autres salariés, la durée maximale exigée sera de quarante ans et un trimestre.

Pour Jean-Louis Malys, secrétaire national de la CFDT chargé des retraites, cet "allongement brutal est d'autant plus injuste qu'il concerne des salariés aux revenus modestes qui ont subi des conditions de travail les plus difficiles. Les économies attendues pour réduire le déficit des retraites sont ainsi réalisées au détriment de ceux qui ont travaillé le plus longtemps". L'initiative gouvernementale est, pour lui, d'autant plus inopportune que les discussions sont bloquées sur la reconnaissance de la pénibilité au travail et le niveau des retraites les plus modestes.

Michel Delberghe

Article paru dans l'édition du 02.09.08.
 

 

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Écrit par : ANTIRACKET | mercredi, 03 septembre 2008

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