mardi, 11 avril 2006

La France anti CPE vue de l'extérieur...

 

Alors que le gouvernement a enterré hier le contrat première embauche, à l'issue de dix semaines de crise, la presse étrangère lance une charge sévère à l'égard de la classe politique française.
"Ce retrait est une humiliante défaite politique, à la fois pour M. Chirac et pour son protégé, Dominique de Villepin", affirme le New York Times. Idem pour le quotidien espagnol El Pais pour qui le premier ministre est "humilié". The Guardian titre, quant à lui, sur "la présidence gâchée de Jacques Chirac" : sa "prévisible décision conclut parfaitement une présidence de dix ans qui n'a conduit nulle part". Le quotidien compare le président et son premier ministre à des "empereurs sans vêtements", alors que le quotidien berlinois Die Welt évoque "le désastre français".
Une fois encore, c'est l'incapacité des dirigeants à réformer qui est mise en avant. The Guardian fait la liste : "Raymond Barre, Edouard Balladur, Alain Juppé et maintenant Dominique de Villepin : au cours des trente dernières années, tous ceux qui ont tenté de guérir la France d'une économie sclérosée ont échoué." Faut-il "en rire ou en pleurer" ? s'interroge le quotidien.
C'est "une perte pour la flexibilité du travail, dont la France et une grande partie de l'Europe ont désespéremment besoin", selon le Christian Science Monitor à Boston. " Que la France ait besoin d'une réforme de son code du travail, personne ne le discute ", constate aussi El Pais. Mais l'avenir s'annonce mal : pour le quotidien espagnol, " la France a mis fin, au moins momentanément, à la crise mais sans plan B ". L'International Herald Tribune imagine que cette réforme ne sera plus à l'ordre du jour avant plusieurs années.
Et pourtant – charge supplémentaire pour les responsables politiques – même les patrons ne sont pas solidaires, relève la presse étrangère. Ce fut sans doute "le revers le plus surprenant pour le gouvernement, lorsque des leaders économiques ont commencé à critiquer la gestion de la crise ", remarque le New York Times.
Le Financial Times cite ainsi le français Edouard Leclerc, qui affirme que " lui et les propriétaires de supermarchés n'avaient pas besoin du CPE ".

Commentaires

Les américains ont une vision aussi caricaturale de la France que nous des Etats-Unis...

Écrit par : Nico2312 | mercredi, 12 avril 2006

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